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65 ans de présence et de service dans le Nord-Kivu
QUE SAIT-ON DU DIOCCESE DE GOMA
Le vicariat apostolique de Goma a été créé le 30 juin 1959 par la Constitution apostolique du Pape Jean XIII, Qui hominum avant de devenir diocèse de Goma quelques mois plus tard gardant les mêmes limites territoriales.
Ce fut le 10 novembre 1959 que le diocèse de Goma fut érigé. La mission de Goma qui était fondée en 1950 fut confiée à l’Abbé Joseph BUSIMBA en 1958 qui deviendra Evêque de Goma quelque temps plus tard. A cette époque, les chrétiens catholiques étaient estimés à 200.000 sur une population qui envoisinait le million, desservis par 10 paroisses sur une superficie de 25.000 Km2. Le diocèse de Goma, outre la ville de Goma, il s’étend sur les territoires de NYIRAGONGO, RUTSHURU, MASISI, WALIKALE, et KALEHE NORD dans la Province du Sud-Kivu.
Mgr Faustin NGABU dont nous célébrons le jubilé d’or de l’ordination épiscopale, avait été nommé Évêque Coadjuteur le 20 juin 1974, il fut ordonné et intronisé Évêque, le 27 octobre 1974 des mains de Mgr Aloys Mulindwa, alors Archevêque de Bukavu. Il succédait ainsi au premier Évêque du Diocèse de Goma, Mgr Joseph Busimba Mikararanga, qui a dirigé ledit Diocèse durant quatorze ans. À son tour, Mgr Faustin Ngabu, après trente-six ans d’exercice pastoral, il a été remplacé par Mgr Théophile Kaboy, le 11 Avril 2010, après avoir été à ses côtés comme Evêque Coadjuteur durant une année. Et en fin, atteint par la limite d’âge canonique, Mgr Théophile KABOY fut remplacé par Mgr Willy NGUMBI, le 19 mai 2019. Parlons en très peu des mots de chacun de ces pasteurs qui ont fait l’histoire du diocèse de Goma tout au long de son existence depuis aujourd’hui 65 ans (Jubile de palissandre). Il est vrai, l’histoire est faite des hommes, des lieux, des dates et des événements. Qu’en est-il de nos quatre pasteurs qui se sont succédés à la tête du diocèse ?
Le premier Evêque du diocèse de Goma fut Son Excellence Mgr Joseph BUSIMBA MIKARARANGA, du 1er mars 1959 au 07 septembre 1974.
Nommé le 1er mars 1959, il reçut l’ordination épiscopale des mains de Jean XIII le 08 mai 1959 en la Basilique Saint Pierre de Rome. Sa devise fût CREDIDIMUS CARITATI (NOUS AVONS CRU EN L’AMOUR).
Il créa des nombreuses œuvres avec comme souci majeur de doter le diocèse d’un réseau solide d’établissements scolaires : un peu partout, il crée des Cycles d’Orientation afin d’éviter aux jeunes écoliers d’effectuer de très longues distances dans tous les sens. Sur les dix-huit écoles secondaires qui existaient à sa mort, trois seulement étaient fondées avant lui. C’est dans ce même élan, qu’il créa le petit séminaire de Buhimba comme pépinière pour les vocations sacerdotales et religieuses. Malheureusement, et c’est pour des raisons évidentes, ce séminaire n’existe plus.
Il est mort le 07 septembre 1974, il y a de cela 50 ans. Et voici le testament qu’il nous a légué :
Je confesse Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
Je crois à la résurrection des morts et à la vie éternelle.
A tous et à toutes je recommande la charité.
Jamais le tribalisme. Credidimus caritati.
Le deuxième Evêque fût Son Excellence Mgr Faustin NGABU, du 07 septembre 1974 au 23 avril 2010. Sa devise c’est UT UNUM SINT (QUE TOUS SOIENT UN, WOTE WAWE MOJA) (Jn 17, 21). Il fut d’abord Evêque Coadjuteur de Mgr Joseph BUSIMBA avant de le remplacer comme Pasteur du diocèse de Goma.
Il a tout donné, pendant 36 ans, pour l’édification de la famille de Dieu qui est à Goma et pour son développement. Il sut organiser son diocèse pendant le moment trouble avec des guerres et des rebellions à répétition. Il a risqué sa vie pour ses brebis à plusieurs reprises et a beaucoup travaillé pour la pastorale des vocations. Il est l’initiateur des Communautés Ecclésiales Vivantes de Base (CEVB) dans le diocèse de Goma.
Il a assumé des grandes fonctions et responsabilités au sein des Conférences Episcopales aussi bien au Zaïre d’antan, en Afrique et dans l’Eglise Universelle.
Un des soucis majeurs de Mgr Faustin NGABU fut de travailler, à la suite de sa devise, à l’unité du peuple de Dieu en combattant le tribalisme. Ce souci le poussa à convoquer, en 1987, un synode au diocèse avec ce thème plus qu’interpellateur : NIKO NDUGU YAKO (JE SUIS TON FRERE). Ce fut une véritable pastorale de la fraternité. Dans la conjoncture ecclésiale et sociale, il n’a jamais abandonné son troupeau. Et pour répondre aux exigences de l’évangélisation par rapport aux multiples défis, Mgr Faustin NGABU a opté pour la méthode de la Nouvelle Evangélisation qui continue à porter ses fruits jusqu’à nos jours : la prise en charge matérielle de l’Eglise par les fidèles laïcs, la prise en charge de nos séminaires, la contribution pour les Œuvres Pontificales Missionnaires (OPM).
Aujourd’hui Mgr Faustin NGABU est Evêque émérite de Goma. Nous sommes heureux de rendre grâce à Dieu avec lui, pour ses 50 ans (Jubilé d’or) d’ordination épiscopale. C’est à juste titre que Mgr Willy NGUMBI, Evêque de Goma, lui rend cet hommage : Aujourd’hui il (Mgr Faustin NGABU) est parmi nous comme un « sage au milieu du village ». C’est pourquoi nous aimons l’appeler affectueusement « Tate » (Grand-Père).
Le troisième Evêque fût son Excellence Mgr Théophile KABOY RUBONEKA, du 23 avril 2010 au 19 mai 2019. Sa devise épiscopale POUR QUE NOUS AYONS LA VIE ET QUE NOUS L’AYONS EN ABONDANCE (Jn 10, 10b).
Ordonné Evêque de Kasongo en 1996, il fut transféré au diocèse de Goma d’abord comme Evêque coadjuteur en avril 2009, puis Evêque de Goma en 2010. Le souci majeur de Mgr Théophile KABOY : Que le Nord-Kivu cesse d’être une province de la guerre, des violences sexuelles, du déshonneur, et devienne le grenier du Congo et des Grands lacs, le grenier de l’Afrique centrale pour une vie en abondance.
Comme Evêque Coadjuteur, il a travaillé à côté de Mgr Faustin NGABU qui l’avait lui-même consacré Evêque en 1996 à Kasongo.
Sous la direction pastorale de Mgr Théophile KABOY, le diocèse de Goma a continué son développement intégral selon la mission et la vocation de l’Eglise. Avec lui, le projet de la Radio Maria a été matérialisé, la procure Hosanna de Kigali s’est modernisée en répondant aux normes exigées par le standard international, le Centre d’Accueil Bakanja a été construit pour l’autofinancement du diocèse, l’Université Catholique La Sapientia de Goma a reçu ses décrets et le chantier de la « Nouvelle Cathédrale » MALKIA WA AMANI de Kituku a été initié… C’est sous sa houlette que furent organisées les festivités du centenaire d’évangélisation d’abord pour Rugari en 2011 et puis en 2012 pour Bobandana.
Le quatrième et actuel Evêque c’est Son Excellence Mgr Willy NGUMBI NGENGELE, du 19 mai 2019 à nos jours, précédemment Evêque de Kindu (25 avril 2007-19 mai 2019). Sa devise c’est OMNIA OMNIBUS (ETRE TOUT A TOUS) (1 Co 9, 22).
Mgr Willy NGUMBI se fait TOUT A TOUS. Il est même proche des déplacés des guerres et s’efforce d’assurer une médiation entre les parties en conflit ; appelle à cor et à cri, à une cohabitation pacifique entre les peuples et à la résolution des crises multiples et multiformes que connaît aujourd’hui la République Démocratique du Congo en général et la Province du Nord-Kivu en particulier. Notons qu’à ce jour, plus de la moitié des paroisses du diocèse de Goma est sous le contrôle du Groupe du Mouvement du 23 mars dit M23.
La proximité entre les prêtres et les fidèles laïcs[1] est l’un des soucis majeurs de Mgr Willy NGUMBI. Voilà pourquoi sous sa direction pastorale, les paroisses se multiplient. En 5 ans, il en a érigé 6. Aujourd’hui le diocèse de Goma compte 35 paroisses malgré toutes les difficultés que traverse le diocèse de Goma. De 4 doyennés que Mgr Willy a trouvés, nous sommes passés aujourd’hui à 7 doyennés. Malgré la guerre, aucune paroisse n’a été fermée et les prêtres sont toujours avec les chrétiens et à leurs côtés, y compris les déplacés des guerres. La proximité des prêtres avec les chrétiens continuent à être une préoccupation pastorale de Mgr Willy NGUMBI. Nous rendons grâce à Dieu pour la matérialisation de cette sollicitude pastorale. C’est lui, Mgr Willy NGUMBI, qui a la grâce et l’honneur de présider au jubilé de palissandre du diocèse de Goma. L’histoire retiendra.
L’Esprit Saint qui guide son Eglise a permis les célébrations de :
Le diocèse de Goma compte aujourd’hui 35 paroisses réparties en 7 doyennés dont :
De ces 35 paroisses, 7 sont administrées par les pères missionnaires (les religieux) et 28 par les prêtres diocésains alors qu’au début toutes les missions étaient entre les mains des missionnaires. Nous pouvons dire que l’Eglise particulière de Goma s’est « indigénisée » (ou inculturée) de plus en plus par ses ministres, en prenant les couleurs locales grâce à la pastorale des jeunes et des vocations. La moisson continue à être abondante.
Les Paroisses sont structurées en Secteurs, Communautés Ecclésiales Vivantes (CEV), puis en Cellules de base ou Église domestique (la famille).
[1] Le Pape François rappelle les 4 proximités qu’un prêtre doit avoir : la proximité avec Dieu, la proximité avec l’Evêque, la proximité avec le presbyterium et la proximité avec les chrétiens.
[2] Cette paroisse qui était fermée depuis trois décennies (1994-2024) vient d’être réouverte par Mgr Willy NGUMBI qui y a envoyé les Abbés Bienvenu BUSHISHI, Justin KATEMBO et le Séminariste Stagiaire Héritier MIGANDA.
[3] Goma avait une population évaluée à 7.000 habitants.
[4]Elle est fermée pour le moment pour raison de guerre mais le Curé de Kitshanga en assure les services liturgiques.
[5] Cette paroisse est desservie pour le moment par NYAKARIBA et MWESO.
| Année | Baptisés | Population | % | Prêtres Total | Prêtres séculiers | Prêtre réguliers | Catho par prêtre | Religieux | Religieuses | Paroisses |
| 1969 | 216.364 | 832.893 | 26 | 64 | 18 | 46 | 3.380 | 77 | 63 | 13 |
| 1980 | 313.862 | 1.164.022 | 27 | 59 | 14 | 45 | 5.319 | 73 | 83 | 14 |
| 1990 | 581.758 | 1.545.855 | 37,6 | 91 | 42 | 49 | 6.392 | 80 | 154 | 16 |
| 1997 | 639.345 | 1.634.494 | 39,1 | 88 | 54 | 34 | 7.265 | 85 | 148 | 18 |
| 2002 | 676.574 | 1.944.572 | 34,8 | 78 | 45 | 33 | 8.674 | 89 | 156 | 21 |
| 2004 | 795.210 | 2.039.000 | 39 | 101 | 58 | 43 | 7.873 | 90 | 203 | 23 |
| 2006 | 795.21J0 | 2.039.000 | 39 | 105 | 62 | 43 | 7.573 | 90 | 203 | 23 |
| 2013 | 875.000 | 2.211.000 | 39,6 | 138 | 79 | 59 | 6.340 | 128 | 257 | 26 |
| 2016 | 567.648 | 1.443.000 | 39,3 | 141 | 92 | 49 | 4.025 | 145 | 252 | 28 |
| 2023 | 726.312 | 1.701.572 | 42,5 | 255 | 174 | 81 | 2848 | 50 | 295 | 33 |
De ce tableau, nous pouvons y dégager quelques constats :
Ce qui précède permet de remarquer clairement que c’est Dieu seul qui mène dans sa Providence l’histoire de L’Église. Dieu reste le seul Maître du cheminement de notre diocèse sous l’impulsion de l’Esprit-Saint. Cependant, de sa nature, affirme le Concile Vatican II, l'Église, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire, puisqu'elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père[2].
Ainsi l’histoire riche de l’Évangélisation du Diocèse de Goma a commencé par la première évangélisation avec les missionnaires. Ils ont contribué, chacun selon son charisme propre, à la semence et à la floraison de la Bonne Nouvelle du Christ dans ce Diocèse pour la plus grande gloire de Dieu et le salut des âmes du peuple de Dieu qui est à Goma et la confusion du Mauvais. Mais qui sont-ils, ces experts en humanité et en évangélisation ?
Ainsi donc, pour la grande œuvre d’évangélisation du diocèse de Goma, nous avons :
Le Centre Diocésain de Pastorale, Catéchèse et Liturgie/CDPL est l’organe technique de Mgr l’Evêque pour la mission d’évangéliser et d’«inculturer» réellement l’Évangile.
Pour accomplir la mission qui lui est confiée par l’Eglise, le CDPCL fait usage de trois stratégies principales : la conception, la formation et l’animation.
La création de la Caritas-Développement/Goma remonte aux années 1960 avec pratiquement l’érection canonique du diocèse. Mais jusqu’en 1997, la Caritas-Développement/Goma n’était pas aussi structurée qu’aujourd’hui et ses actions n’étaient pas connues du grand public. C’est sur demande de Son Excellence Mgr Faustin NGABU que celle-ci a pu voir croître ses capacités grâce à l’accompagnement technique et financier de la CAFOD et des autres membres du réseau de CARITAS INTERNATIONAL.
En outre, les conflits politiques, ethniques, fonciers et les guerres à répetition, les catastrophes naturelles (éruptions volcaniques) qu’a connu le diocèse de Goma et la Région des Grands Lacs ont placé la Caritas/Goma devant des situations qui l’ont amenée à se restructurer et à concevoir un plan de renforcement des capacités à travers lequel sa mission, sa vision, les moyens et les stratégies ont été identifiés et clairement définis.
Pour atteindre ses objectifs, la Caritas-Goma a sa structure organisée en quatre départements ou services dont chacun a une mission spécifique vis-à-vis de la population :
Le BDOM compte actuellement :
Dans le souci d’encourager la participation de tous, le BDOM confie la gestion des formations sanitaires aux congrégations sur décision de l’Évêque. C’est un service précieux et irremplaçable que l’Eglise offre à la population du diocèse de Goma sans distinction aucune.
Le Théologat Jean-Paul II est un Séminaire Diocésain qui a commencé le 10 Novembre 2004 dans un contexte de crises et de troubles socio-politiques que connaît notre Région des Grands-lacs en général et la province ecclésiastique de Bukavu en particulier. Et le décret d’érection a été donné par Mgr Faustin NGABU, alors Evêque de Goma, le 27 Octobre 2005 en en vertu du pouvoir qui lui est reconnu aux termes du Canon 237 § 1.
Dès sa création, le Séminaire a pris une double option de formation. D’une part, il s’oriente résolument vers la préparation à la nouvelle évangélisation selon l’esprit du Pape Jean-Paul II. D’autre part, le séminaire entend promouvoir les valeurs d’unité et de fraternité, de justice et de vérité, de paix et de réconciliation car ces valeurs peuvent être une réponse ecclésiale aux divisions et conflits récurrents dans notre région en général et notre diocèse en particulier.
S’agissant de la formation proprement dite, nous suivons le programme proposé par la Ratio Studiorum de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) et accepté par la Congrégation pour l’Education Catholique[4] où on distingue quatre dimensions importantes à savoir la dimension humaine, la dimension spirituelle, la dimension intellectuelle ou doctrinale et la dimension pastorale. La grande majorité des prêtres diocésains qui œuvrent au diocèse de Goma et qui détiennent des postes de responsabilité, sont les fruits de notre Théologat. Nous bénissons le Seigneur pour son œuvre tout en sollicitant une attention particulière pour la formation des futurs formateurs en théologie biblique, dogmatique, morale, pastorale, en histoire de l’Eglise, en Patrologie ainsi que pour la formation des jeunes en philosophie. Il en va de l’avenir de nos Séminaires et de l’Eglise particulière qui est à Goma.
A côté de ce Théologat, nous avons les Grands Séminaires, Philosophat Mgr Joseph Busimba, Le Séminaire Redemptoris Mater du Chemin Néocathéchuménal et la Propédeutique Saint André. Tous ces séminaires travaillent en harmonie sous la houlette de Mgr l’Evêque du diocèse de Goma en communion avec les Evêques de l’ASSEPB (Assemblée Provinciale de Bukavu).
La formation et l’éducation des jeunes ont joui de la sollicitude pastorale de tous les Evêques qu’a connus le diocèse de Goma, chacun avec son charisme propre. Le pionnier fût évidemment Mgr Joseph BUSIMBA au lendemain de l’indépendance de notre pays. Aujourd’hui, pour plus d’efficacité dans le rendement, nous disposons d’une Commission diocésaine pour l’éducation et, dans chaque paroisse, d’une Commission paroissiale pour l’éducation. Reste à savoir si ces commissions sont réellement opérationnelles sur terrain.
Le Bureau de la Coordination diocésaine des écoles, autrefois Inspection diocésaine, commence avec l’érection canonique du diocèse de Goma (le 10 novembre 1959) alors sous la juridiction de Mgr Louis Van Steene, alors Vicaire Apostolique de Bukavu, jusqu’à la nomination du premier Evêque, nous avons cité Mgr Joseph BUSIMBA. Néanmoins, l’Inspection remonte aux années 1956-1957 sous tutelle du Vicariat de Bukavu. Lors de la décision d’étatisation (la Zaïrianisation sous le Président Mobutu) des structures éducatives en novembre 1974, la Coordination des réseaux d’enseignement confessionnel fut supprimée au bénéfice de la nationalisation de l’enseignement primaire, secondaire et universitaire jusqu’en novembre 1977[5]. La Coordination ouvrira ses portes avec une convention conclue entre l’’Etat et l’Eglise catholique le 26 février 1977. Cette convention servira de cadre d’un travail en collaboration qui respecte le statut et la mission propres de toutes les parties prenantes. Ainsi, avant de s’engager, chaque enseignant ou personnel, est tenu de signer un « AVENANT » qui est une explication résumée des quelques dispositions contenues dans la convention et le Règlement d’Ordre Intérieur (ROI).
Ce bureau reste un service technique de l’Evêque, chargé d’organiser, d’orienter et de superviser les écoles en collaboration avec les paroisses. Il travaille en suivant les normes[6] et la doctrine de l’Eglise catholique dans la gestion administrative, financière, pédagogique et catéchétique.
Depuis sa création par Mgr Joseph BUSIMBA, la Coordination des Ecoles Conventionnées Catholiques a connu les animateurs ci-après :
En vue de faciliter le travail pour une gestion de proximité, la Coordination des Ecoles Conventionnées Catholiques de Goma compte aujourd’hui 5 Coordinations sous-provinciales dont :
TABLEAU SYNOPTIQUE : NOMBRE D’ECOLES ET D’ELEVES PAR ANNEE SCOLAIRE (ECOLES PRIMAIRES ET SECONDAIRES DE 1959 A NOS JOURS)
| N° | ECOLES PRIMAIRES | ECOLES SECONDAIRES | |||
| Années | Nombre d’Ecoles | Nombre d’Elèves | Nombre d’Ecoles | Nombre d’élèves | |
| 01 | 1959-1960 | 26 | - | - | 30062 |
| 02 | 1960-1961 | 26 | - | - | 30189 |
| 05 | 1963-1964 | 27 | - | 18 | 34970 |
| 27 | 1985-1986 | 129 | 70984 | 33 | 8187 |
| 28 | 1986-1987 | 133 | 78048 | 33 | 8525 |
| 29 | 1987-1988 | 139 | 79372 | 34 | 9469 |
| 30 | 1988-1989 | 158 | 84866 | 35 | 10902 |
| 31 | 1989-1990 | 193 | 91628 | 36 | 11326 |
| 32 | 1990-1991 | 221 | 97812 | 36 | 11953 |
| 33 | 1991-1992 | 249 | 103192 | 37 | 12582 |
| 34 | 1992-1993 | 309 | 90754 | 39 | 10943 |
| 35 | 1993-1994 | 296 | 93204 | 39 | 11910 |
| 36 | 1994-1995 | 246 | 79332 | 34 | 8213 |
| 37 | 1995-1996 | 216 | 73740 | 36 | 8760 |
| 38 | 1996-1997 | 173 | 55786 | 41 | 8042 |
| 39 | 1997-1998 | 306 | 84487 | 71 | 10215 |
| 40 | 1998-1999 | 211 | 61057 | 49 | 8119 |
| 41 | 1999-2000 | 255 | 5896 | 56 | 9817 |
| 42 | 2000-2001 | 245 | 77561 | 70 | 13652 |
| 43 | 2001-2002 | 299 | 94022 | 69 | 13130 |
| 44 | 2002-2003 | 360 | 98937 | 82 | 19449 |
| 45 | 2003-2004 | 366 | 112000 | 99 | 18593 |
| 46 | 2004-2005 | 394 | 139405 | 107 | 21648 |
| 47 | 2005-2006 | 417 | 135457 | 122 | 22676 |
| 48 | 2006-2007 | 398 | 146068 | 131 | 27355 |
| 49 | 2007-2008 | 428 | 138737 | 131 | 24954 |
| 50 | 2008-2009 | 434 | 143077 | 134 | 23021 |
| 51 | 2009-2010 | 437 | 153640 | 141 | 36123 |
| 52 | 2010-2011 | 441 | 167220 | 164 | 40325 |
| 53 | 2011-2012 | 445 | 167135 | 186 | 41917 |
| 54 | 2012-2013 | 445 | 154477 | 178 | 40410 |
| 55 | 2013-2014 | 422 | 166576 | 178 | 42649 |
| 56 | 2014-2015 | 458 | 166809 | 193 | 44429 |
| 57 | 2015-2016 | 459 | 168574 | 201 | 47726 |
| 58 | 2016-2017 | - | 167531 | - | 46919 |
| 59 | 2017-2018 | - | 163295 | - | 47038 |
| 60 | 2018-2019 | - | 164883 | - | 45998 |
| 61 | 2019-2020 | - | 213686 | - | 54155 |
| 62 | 2020-2021 | - | 198086 | - | 49276 |
| 63 | 2021-2022 | - | 205246 | - | 53282 |
| 64 | 2022-2023 | 471 | 208505 | 198 | 49064 |
| 65 | 2023-2024 | 458 | 202556 | 193 | 49064 |
De ce tableau, il se dégage que, les effectifs à la fin de l’année scolaire 2023-2024 ont été de 12.382 élèves aux écoles maternelles, 202.556 élèves aux écoles primaires et 49064 élèves aux écoles secondaires. Ce qui donne un total de 264.002 élèves qui ont fréquenté nos écoles avec en tout 661 écoles (10 écoles maternelles, 458 écoles primaires, 193 écoles secondaires), 6262 classes (10 maternelles, 4357 primaires, 1863 secondaires), et 8.269 encadreurs (71 à l’école maternelle, 4.783 aux écoles primaires, 3.415 aux écoles secondaires). La pastorale scolaire est très importante pour l’avenir de l’humanité et de l’Eglise.
L’enseignement technique, dont le pays et notre province ont tant besoin (ajustage, soudure, plomberie, menuiserie, mécanique, électricité…) est très négligé et même inexistant dans certaines paroisses. C’est le lieu de faire une plaidoirie pour la revalorisation de l’enseignement professionnel et technique pour le développement du pays. Mais encore faudrait-il avoir de bonnes écoles équipées conséquemment.
La section pédagogique est la plus fréquentée (21%) et la plus répandue sur toute l’étendue du diocèse. Est-ce parce que le travail de l’enseignement attire ? Parce que facile à organiser ? Ou encore le travail directement à la portée de la main sans trop d’exigence d’un diplôme universitaire ? Est-ce par manque de moyen pour envisager les études supérieures ? Une étude approfondie mériterait d’être faite.
Entre 1974 et 2003, le nombre d’écoles a quadruplé tandis que le nombre des classes et d’élèves (filles comme garçons) ont doublé. Depuis l’année scolaire 1995-1996 il y a des facteurs perturbateurs dans l’organisation des écoles avec des effets néfastes sur la qualité de l’éducation. Parmi ces facteurs nous pouvons citer : Non payement des salaires depuis 1990, la guerre tribalo-ethnique de 1993, l’afflux massif des réfugiés rwandais en 1994, les guerres politiques de 1996-1998 et les différentes rebellions dont le M23 depuis 2011 jusqu’à nos jours, la gratuité (non encadrée) de l’enseignement de base (écoles primaires). Avec la gratuité à l’école primaire, nos effectifs ont atteint un pic, jamais égalé de 213686 élèves avec une augmentation de 174 classes. Mais avec la résurgence de la guerre du M23, nous avons eu à l’école primaire une déperdition de 15600 élèves aux écoles primaires et 4879 élèves aux écoles secondaires. Beaucoup d’écoles ont dû fermer dans les paroisses de l’intérieur. Comme pour dire il y a beaucoup de dégâts collatéraux liés à la guerre et dont les conséquences sont néfastes aujourd’hui et demain.
On le voit, la contribution de l’Eglise catholique dans le diocèse de Goma pour la formation de l’élite est importante et sensible. D’où l’importance d’y insister pour que la catholicité, notre marque spécifique ne puisse jamais faire défaut et renforcer la collaboration étroite (et active) entre les équipes sacerdotales de nos paroisses avec les écoles. Il serait souhaitable qu’un prêtre du Centre Pastoral Catéchèse et Liturgie (CDPL-GOMA) soit affecté pour les écoles. On y gagnerait fortement. Mais d’abord, que la guerre cesse pour que tous les enfants bénéficient intégralement de leur droit à l’éducation qui est reconnue par la Constitution de la République Démocratique du Congo. Le Pape François ne cesse de nous le rappeler : la guerre est un aveu d’échec.
L’Université Catholique La Sapientia de Goma (2010) est une émanation de l’Institut Supérieur La Sapientia de Goma (ISSA) (2008) qui était aussi une orientation nouvelle de l’Institut des Sciences Religieuses de Goma (ISRGO) créé le 05 septembre 2005 sous la supervision du Centre de Pastorale, Catéchèse et Liturgie (CDPCL) du diocèse de Goma en vue de doter le diocèse d’un personnel formé et qualifié dans l’animation pastorale des fidèles à côté des prêtres, sous l’égide de Mgr l’Evêque.
Notre Université a été créée pour donner espoir aux jeunes face à la décadence du secteur de l’éducation et particulièrement de l’enseignement universitaire dans le contexte post conflits dans notre Province. Mais aussi, les parents ont demandé l’ouverture de cette institution supérieure. En effet, les jeunes formés majoritairement dans nos écoles, se perdaient dans les institutions supérieures et universitaires dont la qualité laissait à désirer. L’Université Catholique La Sapientia de Goma fut donc une réponse pastorale du diocèse de Goma.
L’Université Catholique La Sapientia de Goma, s’appuyant sur les valeurs humaines et chrétiennes, se veut être une institution qui forme les génies de la transformation, pour résoudre les problèmes de société à partir des domaines suivants : Sciences Economiques et de Gestion (Sciences Economiques, Sciences de Gestion), , Sciences Psychologiques et de l’Education (Sciences psychologiques), Sciences de l’homme et de la société (Sciences de l’Information et de la Communication, Sciences de la Populationet du Développement / Développement et Action humanitaire), Sciences et Technologies (Génie Civil, Génie Electrique), Sciences Agronomiques et Environnement (Production Animale, Production Végétale), Sciences de la Santé (Médecine Humaine, Santé Publique) et Sciences juridique, politique, administrative et Relations Internationales (Droit).
Les fondateurs de cette institution du diocèse de Goma sont les Abbés Innocent NYIRINDEKWE, Innocent MUKAMBILWA et Jacques LETAKAMBA avec comme devise : AMOUR, ASSUIDITE, EFFICACITE.
Les organes constitutifs de l’UCS-GOMA :
L’Université Catholique La Sapientia de Goma est une œuvre du diocèse de Goma sous la tutelle du Ministère de l’Enseignement Supérieur et universitaire de la République démocratique du Congo qui octroi les différents diplômes. Elle est dirigée selon les Normes édictées par l’Eglise Catholique en la matière. Et le dernier document de référence émanant de la Congrégation pour l’Education Catholique et autorisé par le Pape François c’est : François, Constitution Apostolique Veritatis Gaudium sur les Universités et les Facultés ecclésiastiques, Librairie Vaticana, 2017. Il manque à notre Alma Mater iles Facultés Ecclésiastiques pour que nous portions canoniquement le nom de « Université Catholique ».
Nous allons tout simplement citer les différentes commissions diocésaines au service de l’évangélisation et du gouvernement du diocèse sous le haut patronage de Son Excellence Mgr l’Evêque du diocèse de Goma. Il s’agit essentiellement de :
Chacun de ces services mériterait un exposé à part mais le lieu et le moment ne s’y prêtent pas. Toujours est-il qu’ils sont tous des services techniques de Mgr l’Evêque, chacun selon ses attributions propres pour le bien pastoral de l’Eglise de Dieu à Goma. Chacun a un devoir strict de redevabilité, de rendre-compte. Le diocèse a besoin de voir tous ces Conseil et Commissions fonctionner pour plus d’efficacité et de cohésion dans une pastorale d’ensemble en suivant la vision tracée par Son Excellence Monseigneur l’Evêque du diocèse. Tous contribuent à l’édification de l’Eglise Famille de Dieu qui est à Goma, une Eglise synodale en sortie pour la communion, la participation et la mission évangélisatrice afin d’être TOUT A TOUS.
Par l’Abbé Gabriel HANGI
Données recueillie à l’occasion du jubilé de Palissandre du diocèse de Goma
[1] Diocèse de Goma, fr.m.wikipedia.org (Consulté le 26 octobre 2024)
[2] Cf. CONCILE VATICAN II, Constitution dogmatique Lumen Gentium sur l’Eglise, n° 1 ; Décret Ad Gentes sur l’Activité missionnaire de l’Eglise, n° 2.
[3] Ils ont eu à travailler un moment à Sake et puis ils sont partis.
[4] C’est la même Congrégation qui gère les Universités et Instituts supérieurs catholiques dont l’Université Catholique La Sapientia de Goma.
[5] Le cours de religion dans les écoles fut supprimé ainsi que les Facultés Catholiques de Théologie de l’UNAZA (Université Nationale du Zaïre).
[6] Cfr CONCILE VATICAN II, Déclaration Gravissimum Educationis sur l’éducation chrétienne.
[7] C’est le seul laïc, jusque-là, à avoir dirigé cette Coordination des Ecoles Conventionnées Catholiques du diocèse de Goma, et durant 20 ans.