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Biographie de Mgr Faustin Ngabu, Évêque émérite de Goma

Publié le 11 Apr 2026 dans la catégorie : Actualité

Biographie de Mgr Faustin Ngabu, Évêque émérite de Goma

90 ans d’existence – 62 ans de sacerdoce –51 ans d’épiscopat dont 36 ans de ministère épiscopal comme évêque titulaire de Goma

Pour dire combien c’est une tâche ardue de présenter en quelques minutes l’histoire de ce grand homme de Dieu qui a joui du grand don de la longévité. On peut subdiviser la vie de Mgr Ngabu en cinq étapes :

1.           1935-1963 : La lointaine enfance, jeunesse et vocation  

Il naquit en 1935, conventionnellement le 01/01/ (car on ne connaissait pas la date exacte) à Lokpa - Paroisse de Drodro-Groupement Maze - Chefferie Bahema Nord - Territoire N’Djugu - Province de l’Ituri. 

Des parents Joseph Lajô et Euphrasie Dhipkala. Il est l’aîné et unique garçon d’une fratrie de neufs enfants dont un garçon mort en bas âge (Jean Gaston) et sept filles : Thérèse, Marie, Josephine, Angèle, Bernadette (Sr Servante de Jésus), Goretti et Honorata.

Avec humour il aimait raconter qu’avant l’école primaire (6-7ans) il était berger de vaches. Comme pour dire qu’il y a un fil conducteur entre le petit berger qui deviendra un grand pasteur dans l’Eglise. Il a grandi chez sa grand-mère paternelle (Nzuve) pendant que ses parents cherchaient du travail à la mine. Et comme il est né quand grand-père (Nzaza) était déjà décédé on l’a appelé Ngabu.

1943-49 : Etudes primaires à Kilomines à 8 ans

Baptisé le 8 mars 1947 à l’âge de douze ans.

Confirmé le 10 août 1947 à Kilomines.

Petit Séminaire : 1949-1956 à Kilomines

1956-1959 : Philosophie à Baudouinville

1959-1961 : Théologie à Baudouinville (sessession katangaise)

1961-1962 : Théologie à Murhesa

1962-1963 : Théologie à Rome 

2.           1963-1974 : De l’ordination sacerdotale à l’épiscopat

Ordonné à Rome le 21 décembre 1963 par le Cardinal Agagianian dans un groupe de 44 prêtres dont 4 Congolais Crd. Laurent Monsengwo, Mgr Emile Aiti, évêque d’Isiro, Abbé Charles Bilembo…

1964 : Licence en Théologie à Rome

1964-1968 : Doctorat en Droit Canon à Rome

Du 3/9/1968 au 25/7/1969 Curé de Lita/Bunia

1969-1970 : Professeur et Vice-Recteur à Murhesa

1970-1974 : Recteur du Grand Séminaire de Murhesa

En 1970 le Grand séminaire traverse une crise de contestation à l’interne. Un renvoi massif des philosophes dont presque tous ceux de Goma, le laisse dans une profonde tristesse. 

Par ailleurs entre 1971-72, il se fait remarquer par son refus d’introduire la JMPR dans le Gd Séminaire malgré les insistances du Gouverneur Ndebo, et contre la fameuse politique de l’authenticité.  

Le 25 Avril 1974 : Nommé par le Pape Paul VI, Evêque Co-adjuteur du Diocèse de Goma.

Le 7 Septembre 1974, à la mort de Mgr Joseph Busimba d’heureuse mémoire, il devient son successeur de facto.

Le 27 octobre 1974 il est sacré évêque (39 ans) à Goma des mains de Mgr Mulindwa Mutabesha, Mgr Ukec évêque de Bunia et Mgr Fataki archevêque de Kisangani. A son arrivée il n’y avait que 16 prêtres diocésains dont l’unique encore en vie est Mgr Théophile Kaboy. C’est dire que l’essentiel du clergé diocésain actuel de Goma est passé par ses mains.

Il commence son ministère sous la campagne de la zaïrianisation et les conséquences de la politique de l’authenticité : un conflit entre l’Eglise et l’Etat avec la suppression des mouvements d’action catholique, la nationalisation des écoles...

3.           1974-1992 : Les CEV-ASCEAC-SYNODE DIOCESAIN

Le 08 octobre 1975 – Nommé par le Saint Siège Assistant Religieux pour la Congrégation des Filles de Marie en remplacement des experts : Mgr Marcel Mbikanye, évêque de Bondo, Mgr Runiga et Mgr Kanyamachumbi. Nous pleurons tous Mgr Ngabu, mais les Filles de Marie ont quelque chose en plus à pleurer. Elles perdent un père spirituel, quelqu’un qui a tout fait pour refonder cette congrégation. Son rôle durera jusqu’en 1985 et continuera jusqu’à la fin de sa vie.  

1976 - Lancement de la Pastorale des Communautés Ecclésiales Vivantes dites Communautés de base (Prière, écoute de la Parole, Caritas, justice et paix, assistance aux vulnérables, hygiène, alphabétisation…). Avec cette nouvelle pastorale est née le Centre Pastoral de Lushebere qui, petit à petit deviendra la ferme d’aujourd’hui. Pendant ce temps le Centre Pastoral sera construit à Maria Mama/Buhimba de 78 à 85.

Le 29 août 1976 : Première ordination sacerdotale du jésuite Théoneste Nkeramihigo. Suivi d’Antoine Nsengumulemyi (1977) et de Gonzalve Gisamonyo en 1978. 

Le 10/01/1977 : Grande mobilisation du Diocèse en faveur des sinistrés de l’éruption volcanique de Nyiragongo. Suite à cette mobilisation la fabrication du sérum s’imposera au Bureau Diocésain des Œuvres Médiacles (BDOM) dans les années 80.   

Le 20/02/1980- Lettre pastorale de Carême ‘Etre chrétien au Kivu’ qui a eu un grand retentissement pour avoir dénoncé courageusement les injustices du moment : le mal zaïrois, la corruption, les arrestations arbitraires, les déguerpissements forcés des paisibles populations chassées des anciens domaines de la CNKI et nouvellement acquis par la nouvelle élite zaïroise suite à la zaïrianisation. Les populations devaient se débrouiller pour trouver où s’installer.

1983 : Rencontre fortuite avec les catéchistes du Chemin néo-catéchuménal qui voyageaient de Kinshasa à Kisangani. Leur arrivée à Goma le 17 Septembre 1983 a donné naissance à des Communautés dont le rayonnement est un appui remarquable à l’évangélisation. 

1985-1990 : Premier Président de l’ACEAC - Association des Conférences Episcopales de l’Afrique Centrale (RDC-Rwanda- Burundi).

En 1988, profitant de l’existence de la CEPGL et vu les massacres qui sévissaient au Burundi (Ntega et Marangara), il proposa aux Chefs d’Etat deux choses qui montrent sa contribution à la paix :

-Un Etat fédéral qui regrouperait RDC/ZAIRE-RWANDA-BURUNDI, une seule armée, une étroite collaboration des polices nationales, une seule monnaie, une même diplomatie… Idée rejetée par le Rwanda, mais agréée par Mobutu qui pensait être le Chef de cette nouvelle Entité… 

-Au Président Buyoya, un coup d’état contre lui-même : c.-à-d. désigner un Premier ministre Hutu qui formerait un premier gouvernement d’équilibre ethnique avec des ministères partagés à moitié. Cela fut fait par le Premier Ministre Adrien Sibomana et la paix régna pendant cinq ans jusqu’en 1993 à l’élection de Melchior Ndadaye dont la mort tragique replongea de nouveau le pays en guerre.   

Pour revenir au diocèse en 1986 la lettre pastorale ‘Partage pour construire notre Eglise’, l’Évêque a initié une campagne en faveur de l’autofinancement ou la prise en charge de l’Église locale par elle-même. Cette idée sera introduite à la CEZ quand il sera Président de la Conférence.

Le 29/11/1987 : Lancement du Synode Diocésain sur le thème : JE SUIS TON FRÈRE. Il fallait revisiter la pastorale des communautés de base qui était en perte de vitesse à cause de la montée du tribalisme, la question persistante de la nationalité et la paupérisation des masses.

Bref, cette période de 1974-1992 fut une période glorieuse et pacifique, propice à l’édification du Diocèse de Goma avec la réorganisation des anciennes Congrégations et l’arrivée de nouvelles Congrégations missionnaires féminines comme masculines : Arrivée des Xavériens 76, les Salesiens 81, les Pallottins 81, les Carracciolini 82, les Sacré Cœur 90-95 à Walikale, les Fidei donum espagnols à Bibwe 84, les Jésuites 94, Maison Lavigerie 88, Paroisse ND d’Afrique 90, Foyer Ngongo 92, ND Carmel Katindo 86… Les Congrégations religieuses féminines se réorganisent : les srs Blanches à Goma 79, les Filles de Marie à Goma II 76, à Binja 84, les Ursulines noviciat Emmaüs 80, les St Vincent de Paul, noviciat Immaculata 88, les Bernardines à Buhimba 82 pour Maria Mama, Benebikira Lyc Anuarite 87, Carmélites à Mweso 78, à Nyakariba 84, Institut St Boniface 84, Sainte Famille à Katoyi 90, les Piccole S J à Goma 85, les Srs de la Charité Maternelle 85, les Filles de la Charité à Mutongo 87 et Goma, les Beneterezia 88, les St Boniface 89, les Saintes Chrétiennes à Buturande 90, les St Joseph à Rubare 92, Srs des Anges à Ntamugenga 93, ce mouvement continue avec les Sœurs Pallotines 95, les Oblates de l’Ass 96, les Soeurs de la Résurrection 99, les Auxiliaires de l’Apostolat depuis 74…    

4.           1992-2000 : Président de la Conférence Épiscopale du Zaïre (CEZ), Consolidation de la Caritas diocésaine

Mandat à la fois difficile et périlleux, mais aussi rayonnant. Difficile car désormais Mgr Ngabu était au four et au moulin, il devait s’occuper à la fois de son diocèse de Goma et de la CEZ (CNS, fin du régime). Et même au-delà car paradoxalement, son rayonnement alla jusqu’à Rome où il fut conseiller à la Propagande et consulteur à la Doctrine à la foi... 

Mais aussi un mandat périlleux car, vu ses antérieures prises de position sur la question épineuse de la nationalité des populations rwandophones du diocèse, la dénonciation du génocide du Rwanda contre les tutsi au Synode pour l’Afrique de 1994, Mgr a commencé à subir des attaques mortelles. C’est notamment la tentative de lynchage dans cette cathédrale lors d’une messe à l’occasion de la visite du Cardinal Etchegaray, le 12 mai 1993. En avril 1994, il était seul témoin de la région au Synode à Rome à l’absence des Évêques du Rwanda. Et c’est grâce à son éclairage que le Pape Jean Paul II a été le premier à qualifier le drame rwandais de génocide contre les tutsi. Pendant toutes ces années de 1993 à 1995, étant donné la virulence des conflits armés Mgr Ngabu est passé de la parole aux multiples actions de sauvetage des fugitifs dans toutes nos paroisses. En juillet 1994 notre Diocèse a accueilli des milliers de Réfugiés rwandais fuyant l’avancée du FPR. Le clergé de Nyundo et Ruhengeri, ainsi que les Religieuses ont été hébergés à la Procure, à Buhimba et dans des Communautés de la place sous la coordination de Mgr Ngabu… De 95-96, il a sauvé beaucoup de vies humaines notamment des tutsi et autres banyamulenge menacés d’extermination à Kinshasa avant la première guerre dite de libération. Avec l’approbation tacite du Premier Ministre Kengo wa Dondo, la Maison civile et la Maison militaire de Mobutu. Le Parlement qui était devenu plus fort que le Gouvernement a imposé sa loi en conclusion du travail de la ‘Commission Vangu’ qui avait décrété l’expulsion de tous les rwandophones. 

Mais au passage, on peut signaler comme contribution à l’édification de l’Église du Congo : - la lettre Tenez dans la foi 93, - l’organisation du premier Synode sur l’Église d’Afrique en 94 et la Béatification d’Isidore Bakanja, ‘La prise en charge matérielle de l’Église par ses propres fidèles’ 95. 

1996-1997 : Lancement de la Pastorale de la Nouvelle Évangélisation comme réponse aux conséquences des conflits armés. Sur base des thèmes bibliques et à partir de 2000 l’annonce du Kérygme par les Dix Paroles ou les dix Commandements. Cette nouvelle pastorale a donné naissance à une solidarité inter-paroissiale avec le jumelage des paroisses de l’intérieur par les paroisses de la ville…

En 1997, Mgr Ngabu est considérée comme persona non grata pour avoir dénoncé le double génocide. Il considérait cette idée comme une manipulation dont la France avait besoin pour intervenir à Kisangani en faveur de Mobutu et contre l’avancée de l’Afdl de Laurent Kabila. Il estimait que cette intervention aurait allumé une guerre dans la guerre et que la situation allait empirer.  

Le 2 Août 1998 : Mgr Ngabu et l’A. Innocent Nyirindekwe sont sauvés d’un accident mortel d’avion à l’aérodrome de Rwindi, de retour de Butembo à l’ordination épiscopale de Mgr Melchisedech.

5.           2000-2025 : Dernières fondations, Eméritat et Grand jubilé d’or

Le 17 Janvier 2002 : Éruption volcanique dont les effets ont failli emporter Mgr Ngabu. Il était entré en coma et a été sauvé de justesse par évacuation sur Kigali. En cette année-là presque tous les Diocèses du Rwanda ont manifesté une très grande solidarité à notre Église par des dons en vivres et en argent, sans doute en reconnaissance de l’accueil qui leur avait été réservé en juillet 1994 par Mgr Ngabu. Akebo kajya i wa mugarura. Vive la solidarité et la réciprocité entre voisins, surtout en temps de malheurs. 

Le 24 Mars 2002, Dimanche des Rameaux : Attaque à la grenade aux approches du Centre Muungano. Il y eut deux morts et des confrères blessés : P. Jacques, A. Marc et A. Mbara. Il s’est créé une amitié de sang entre les victimes. Cet acte de terrorisme visait Mgr Ngabu en personne et n’eût été la main de Dieu, le pire serait arrivé.       

2003 :  Transfert de l’Évêché de la Procure à Himbi.

2004-2005 : Création du Théologat St Jean Paul II, avec l’appui matériel des paroisses et l’apport des groupes d’action catholique comme les Mama wa Mwangaza, les Charismatiques... Auparavant en 2001 le Séminaire Redemptoris Mater du Chemin Néo-Catéchuménal était créé au Centre Maria Mama de Buhimba.    

Janvier 2006 : Visite Apostolique du Card. Polycarpe Pengo de Dar-es-salam. Visite qui se solda positivement en permettant à Mgr Ngabu de terminer correctement son mandat épiscopal en 2010.

Toujours en 2006 :  Accueil des Frères de la Charité en faveur du Centre pour Handicapés et Santé Mentale.

Le 27 Octobre 2007 : A son 33è anniversaire d’épiscopat : fusillade à Himbi chez son beau-frère Claude qui reste touché.  Mgr Ngabu échappe de justesse mais cette attaque montre qu’il est toujours dans le collimateur de ses adversaires.  

Le 23 Avril 2010 - Passation de pouvoir avec Mgr Théophile Kaboy son successeur et début de l’éméritat.

Comme bilan on peut signaler :

Sur un clergé de 174 prêtres diocésains il en a ordonné plus de 112 ; - création de 11 Paroisses sur 35 existantes ; - accueil de 6 Congrégations masculines des prêtres sur 8 pré-existantes ; - 29 Congrégations féminines ; 5 Instituts séculiers ; 3 Communautés nouvelles ; 39 Mouvements d’Action Catholique ; - 32 Animateurs Pastoraux et catéchistes ; -15 Hôpitaux et une cinquantaine de Centres de Santé ; 3 ITM ; - Une Caritas diocésaine restructurée depuis 1977 pour mieux répondre aux urgences humanitaires de milieu ; - un réseau de 661 écoles catholiques ; - une Université catholique La Sapientia commencée sous forme d’ISRGO le 5 septembre 2005.     

Mai 2011 :  Attaque nocturne à son domicile de Kyeshero : Il était absent et c’est malheureusement A. Marc et un couple de visiteurs italiens qui en sortiront blessés gravement.               

2011-2016 : Séjour en Italie dans l’Archidiocèse de Cosenza-Bisignano. Au service du séminaire Redemptoris Mater du Chemin néo-catéchuménal.

Octobre – Novembre 2022 : Aux soins à Rome à l’Hôpital Gemelli pour insuffisance cardiaque.

Le 17 Novembre 2024 : Fête du grand Jubilé d’or (50 ans d’épiscopat) avec la participation d’une quinzaine d’Evêques et les délégations des diocèses de notre sous-région.

Le Dimanche 26 Octobre 2025 :  Décès à l’Hôpital Général Charité Maternelle à 10h15.  Evacué de la Procure autour de 9h30, il voulait célébrer l’Eucharistie, mais les choses sont allées plus vite.

Par un amour de prédilection, le Seigneur l’a aimé et l’a choisi. Il l’a assisté tout au long de son ministère sacerdotal et épiscopal. Il lui a donné des grandes qualités humaines de paix, de service dévoué, de contact facile, de leadership et de rassembleur. Il l’a protégé et préservé de tant d’embûches. Il l’a mis à notre service comme un père, un frère et un ami, un bon pasteur au milieu de ses brebis. Sa voix puissante va nous manquer, sa préface de rite congolais va nous manquer, ses nouvelles du pays vont nous manquer, son ‘nakushukuru eeh Bwana’ va continuer à résonner dans nos assemblées. Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris. Qu’il repose en paix d’un repos bien mérité. Je vous remercie.

Fait à Goma, le 31/10/2025

Par l’abbé Célestin Kanyambiri Nkuba


Par Mme Lydie WARIDI - 11 Apr 2026