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Publié le 09 Jul 2026 dans la catégorie : Événement
À Goma, dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC), l’heure était à la commémoration, le mercredi 8 juillet 2026, du premier anniversaire de la béatification du Bienheureux Floribert Bwana Chui Bin Kositi. C’était au cours d’une célébration eucharistique présidée au sanctuaire d’adoration par Mgr Willy Ngumbi Ngengele, Evêque du diocèse de Goma, et concélébrée par Mgr Théophile Kaboy, Evêque émérite du même diocèse.
La célébration eucharistique a réuni de nombreux fidèles au sanctuaire d’adoration pour honorer le martyr de l’honnêteté et de l’intégrité morale. Floribert Bin Kositi, ce jeune Congolais membre de la Communauté de Sant'Egidio, a été assassiné dans la nuit du 7 au 8 juillet 2007 pour s'être opposé au transport de denrées alimentaires avariées qui auraient mis en danger la santé de la population de Goma. Premier martyr africain reconnu pour s'être opposé à la corruption, sa mémoire liturgique tombe précisément le jour de sa mort.
« Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la sauvera » : c’est sur ces paroles de Jésus, tirées de l’Évangile de Luc 9,24, que l’homélie de Willy Ngumbi a tourné. Pour l’Evêque du diocèse de Goma, ces paroles trouvent leur sens dans le parcours de vie de Floribert Bwana Chui, qui a préféré rester fidèle à sa conscience et à sa foi plutôt que de céder à la corruption, jusqu’au sacrifice de sa vie. Son refus de la corruption a conduit à son assassinat, faisant de lui un martyr de la justice et un modèle de courage pour la jeunesse et pour l'Église.
L'évêque de Goma a également souligné que le parcours de Floribert Bwana Chui est celui d'un jeune ordinaire devenu une référence spirituelle dans un contexte sociétal difficile. Il a estimé que son témoignage constitue un message de pardon, de paix, de réconciliation et de changement, rappelant que le bienheureux avait des raisons de renoncer face aux difficultés, mais qu'il a choisi de privilégier l'amour du prochain au prix de sa propre vie.
Mgr Willy Ngumbi, déposant une gerbe de fleurs où repose le corps de Floribert, sanctuaire d’adoration, 8 juillet 2026.
Poursuivant son homélie, Mgr Willy Ngumbi a rappelé que Floribert Bwana Chui demeure un exemple de fidélité à la foi chrétienne et de courage dans l’exercice de ses responsabilités. Il a souligné que le jeune martyr continue d’inspirer les chrétiens bien au-delà des frontières de la République démocratique du Congo. « Floribert est devenu un patrimoine mondial », a –t-il déclaré, estimant que son témoignage constitue un héritage universel pour les générations actuelles et futures.
« La renommée du bienheureux dépasse aujourd’hui les frontières nationales. Dans plusieurs pays africains, notamment en Tanzanie, au Nigeria et en Guinée équatoriale, ainsi qu’en République démocratique du Congo, des paroisses portent désormais le nom de Floribert Bwana Chui Bin Kositi, en hommage à son engagement pour la vérité, la justice et la dignité humaine. En nous tournant vers le parcours de ce jeune, je vois une histoire ordinaire devenue un itinéraire spirituel hors du commun dans un contexte sociétal difficile. L'exemplarité de sa vie est un Évangile de pardon, de paix, de réconciliation et de changement dans notre situation où tout semble bloqué », a déclaré Mgr Willy.
Et de poursuivre :
« Le jeune Floribert Bwana Chui aurait eu des raisons de lâcher, compte tenu des circonstances et des ambitions qu'il nourrissait pour son avenir et celui de sa famille. Mais, hélas, seul l'amour du prochain a eu plus de prix que sa propre vie », a-t-il affirmé.
Dans le mot lu par l'abbé Jean-Marie Vianney, secrétaire général et secrétaire exécutif de l'ASSEPB (Assemblée épiscopale provinciale de Bukavu), les évêques de la province ecclésiastique de Bukavu ont également exprimé leur joie en ce jour du premier anniversaire de la béatification de Floribert Bwana Chui : « Floribert Bwana Chui nous apprend à croire qu’un avenir de paix et de prospérité est possible et qu’aucune terre n’est abandonnée de Dieu... La mémoire de Floribert Bwana Chui est un appel vibrant à la reconstruction de notre société sur des bases solides de moralité. C’est un message pour toute notre jeunesse : une autre voie est toujours possible. Qu’il est possible de garder les mains propres et le cœur pur au milieu des tentations et des sollicitations du monde de notre temps. Son sacrifice nous lance ce défi : sommes-nous prêts, à notre tour, à dire non à la facilité ? Sommes-nous prêts à défendre le bien commun au péril de nos intérêts personnels ?... Les évêques nous exhortent à ne pas l’admirer de loin, mais à tout mettre en œuvre afin que notre désir d’un Congo nouveau se réalise par un engagement de tous à construire la paix, la justice et la fraternité… Que l’exemple de Floribert continue à résonner dans nos cœurs et dans nos vies, à vaincre le mal toujours et partout. »
Né le 13 juin 1981 à Goma, Floribert Bwana Chui Bin Kositi a été assassiné à l'âge de 26 ans. Il est le quatrième bienheureux congolais, suivi de la sœur Anuarite Nengapeta du diocèse de Wamba (Haut-Uele), du laïc Isidore Bakanja de Mbandaka (Équateur) et de l'abbé Albert Joubert du diocèse d'Uvira (Sud-Kivu), béatifié avec trois missionnaires xavériens, toujours dans l'Est de la République démocratique du Congo.
Waridi Kone Lydie
Communication